Les douleurs du périoste tibial, également appelées « syndrome de stress tibial médial« , sont fréquentes chez les sportifs, notamment les coureurs.
La périostite tibiale est une inflammation du périoste (membrane qui entoure l’os) de la face interne du tibia souvent causée par des microtraumatismes répétés ou une surcharge mécanique.
Elle est à l’origine d’une douleur de la partie interne du tibia souvent associée à des déséquilibres biomécaniques, une surcharge d’entraînement ou des défauts dans l’équipement sportif.
C’est une douleur apparaissant à la course à pied, notamment lors que l’on augmente le nombre de kilomètres ou sa cadence de course.
L’inflammation est dûe à un remodelage osseux du tibia pour répondre aux contraintes mécaniques engendrées par le poids du corps.
Elle est liée au fait qu’il n’y pas de muscle de soutien sur la partie interne du tibia.
La périostite tibiale rentre dans la catégorie des douleurs du membre inférieur pouvant être soulagées par l’ostéopathie complétées à la kinésithérapie et aux semelles orthopédiques.
Cet article synthétise les connaissances actuelles sur le traitement et la prévention de la périostite tibiale en s’appuyant sur des recherches récentes.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les conseils de nos ostéopathes n’hésitez pas à consulter notre page dédiée.
En cas de douleur invalidante vous pouvez aussi consulter un ostéopathe spécialisé à Paris sur notre site au 01.88.32.06.75 ou directement en ligne :
Symptômes de la périostite tibiale
Il est important de rappeler que c’est une pathologie inflammatoire de l’os.
De ce fait les symptômes de la périostite tibiale sont :
-
La douleur est sur la partie interne du tibia et inférieure de la jambe
-
Si vous avez mal sur le tibia au début de la course, aux sauts et aux reprises d’appuis.
-
Une diminution de la douleur au repos
-
Apparition de la douleur en cas d’augmentation importante de la charge d’entrainement
-
Un léger empattement douloureux et palpable sur la face interne du tibia
Voici donc l’ensemble des symptômes typiques; en revanche le diagnostic sera précisé par radiographie, scanner, IRM, ou scintigraphie.
Causes d’une périostite tibiale
Comme pour le syndrome de l’essuie glace, la dynamique du pied est primordiale.
En effet, la périostite tibiale est liée elle aussi à un pied valgus, c’est à dire qui part vers l’intérieur.
Par l’augmentation de la charge sur le tibia, le surpoids est également un facteur aggravant.
Facteurs de risque identifiés :
- Mécaniques :
- Augmentation rapide de la charge d’entraînement.
- Mauvais alignement biomécanique, comme une pronation excessive.
- Chaussures inadéquates ou usées.
- Anthropométriques et structurels :
- Indice de masse corporelle élevé.
- Faiblesse musculaire, notamment au niveau des mollets et des muscles de la voute plantaire.
- Moindre densité minérale osseuse.
- Historiques :
- Antécédents de blessures liées à la course.
Le problème est qu’il n’y a pas de muscle sur la partie interne du tibia.
Il n’y a donc pas de muscles qui permettent de résister aux contraintes vers l’intérieur induites par les appuis au sol répétés lors de la course à pied.
De ce fait, en cas de pied valgus, les contraintes mécaniques de votre poids du corps sont orientées en dedans.
Sans muscle, le tibia a donc pour seule solution de se renforcer afin de résister à cette contrainte.
Il s’en suit une inflammation réactionnelle de densification l’os.
N.B : N’augmenter pas trop brutalement votre entrainement de course afin d’éviter l’apparition de ce type de blessure.
Traitement de la périostite tibiale
Comme nous l’avons évoqué elle est d’origine inflammatoire, son traitement sera donc basé sur une diminution de l’inflammation et une décharge mécanique du tibia.
De ce fait, les solutions pour soulager une périostite tibiale est :
-
Application de glace sur le tibia
-
Anti-inflammatoire par application cutanée
-
Consulter un podologue pour entretenir et favoriser le dynamisme de la partie interne du pied
-
Kinésithérapie pour vous aider à drainer l’inflammation localement et continuer les exercices de renforcement
-
Consulter un ostéopathe du sport pour déverrouiller le pied, la cheville, le genou, la hanche ou le bassin.
-
Renforcement musculaire de l’arche interne du pied
Ostéopathie
L’ostéopathie, en complément des traitements conventionnels, propose une approche globale visant à corriger les déséquilibres mécaniques et à prévenir les récidives.
L’ostéopathie repose sur une évaluation globale pour identifier les déséquilibres posturaux et biomécaniques qui contribuent à la survenue de la périostite tibiale. Cette évaluation inclut :
- Analyse de la posture (la rotation interne de la hanche ou du bassin sont des éléments fondamentaux).
- Étude de la biomécanique de la marche et de la course (la course et la marche sur le talon favorisent grandement les périostites tibiales).
- Recherche des déséquilibres mécaniques musculaires et articulaires.
L’objectif principal de l’ostéopathe sera de corriger les déséquilibres mécaniques en redonnant de la mobilité aux articulations de la cheville, du genou et de la hanche, du bassin et des lombaires à minima.
Ne pas oublier que le corps fonctionne en chaine musculaire et que la mobilité d’une jambe dépend de la mobilité du bras opposé.
Regardez les personnes marcher dans la rue, la jambe droite se balance toujours à l’opposé du bras gauche ce sont les chaines musculaires qui permettent ces mouvements, elles sont très bien décrites par Léopold Busquet.
L’ostéopathe analysera donc toujours l’ensemble du corps pour être sur que votre douleur ne provienne pas du dos ou du membre supérieur opposé !
L’ostéopathe complète toujours sa séance par des conseils adaptés parce que la prévention et la guérison complète repose sur une approche proactive :
- Planification de l’entraînement : Limiter l’augmentation des charges d’entraînement à moins de 10 % par semaine.
- Analyse de la foulée : Identification et correction des mouvements inadaptés.
- Programme d’étirements : Intégrer des exercices d’étirement après chaque séance d’entraînement.
Un document publié par IFPEK (2022) insiste également sur l’éducation du patient pour lui permettre de gérer les symptômes précocement et prévenir les récidives.
Voici une vidéo décrivant les exercices de renforcement de l’arche interne du pied :
Podologue
Il vous permet de bien vous équiper et de corriger, par le biais d’une étude posturale, les facteur aggravant la périostite.
- Chaussures adaptées : Choix de chaussures de course avec un bon amorti et soutien. (attention à l’usure excessive)
- Orthèses plantaires : Correction des anomalies biomécaniques comme la pronation excessive (MDPI).
Kinésithérapie
La kinésithérapie joue un rôle central dans le traitement de la périostite tibiale, combinant différentes interventions :
- Étirements et Renforcement Musculaire :
- Étirements des muscles postérieurs de la jambe (mollets, ischio-jambiers).
- Renforcement des muscles tibiaux antérieurs pour soutenir la biomécanique (Kinedoc).
- Renforcement des muscles pelvi-trochantériens pour maintenir la hanche et le bassin
- Thérapie Manuelle : Techniques de mobilisation pour assouplir les tissus périostés et réduire les tensions musculaires.
- Ondes de Choc : Études récentes indiquent que les ondes de choc extracorporelles (ESWT) stimulent la régénération tissulaire et réduisent la douleur (NeuroXtrain).
Conclusion
Le traitement de la périostite tibiale nécessite une approche multidisciplinaire et individualisée.
La combinaison de la réduction de la charge, de la rééducation fonctionnelle, des adaptations biomécaniques et de l’éducation du patient constitue la clé d’une gestion efficace.
La prévention, incluant une planification soigneuse de l’entraînement et un suivi régulier, est essentielle pour éviter les récidives et optimiser les performances sportives.
Il est important de préciser que toute ces thérapies sont complémentaires, les combiner permet d’augmenter la rapidité de guérison.
Si vous souhaitez vous informer sur la différence entre kiné et ostéopathe vous retrouverez ces informations sur notre site.
Sources :
- https://kinedoc.org/work/kinedoc/2bda08b1-a07e-4384-a03b-fac1c77eafbf.pdf
- https://kinedoc.org/work/kinedoc/Nantes-2022-CHAILLOT-Divers.pdf
- https://ifpek.centredoc.org/doc_num.php?explnum_id=2068
- https://www.mdpi.com/2673-7078/4/4/45
- https://www.neuroxtrain.com/article/68024/
- https://blog.salonreeduca.com/wp-content/uploads/2020/03/Effets-des-postures-de-rel%C3%A2chement-selon-la-m%C3%A9thode-Busquet.pdf